Rétrospective Yayoi Kusama @ Centre Pompidou
Le Centre Georges Pompidou (Galerie Sud, niveau 1) rend hommage à l’artiste pluridisciplinaire japonaise Yayoi Kusama à travers une rétrospective présentant une sélection de 150 oeuvres (peintures, sculptures, installations, performances) réalisées entre 1949 et 2011. L’exposition s’organise chronologiquement et est introduite par une installation (I’m Here, but Nothing, 2001-2011). Celle-ci semble se référer à la légende qui fonde sa démarche : l’hallucination d’une multiplication des fleurs rouges se répandant sur la nappe de la table familiale et envahissant l’ensemble de la pièce. La première salle témoigne de ses oeuvres de jeunesse, empreintes de sa formation à l’Ecole d’art de Kyoto. Elles flirtent avec l’abstraction (graphique, géométrique et onirique). Les années 1950 voient apparaître le motif du dot (point ou pois), élément fondamental de sa démarche.

Très vite, elle délaisse le Japon pour s’installer dans le ville de New-York (1957) se confrontant aux débats qui agitent la scène artistique américaine : monochrome, expérimentation du geste, question du format monumental. Les oeuvres de la deuxième salle témoignent de cette confrontation : obsession du motif du dot, du grand format, sans commencement ni fin, sans repères de lecture. En 1962, elle enrichit sa démarche en s’intéressant à l’accumulation, soit d’étiquettes impersonnelles (issues de la consommation de masse) soit d’objets ordinaires (souvent associés à la domesticité féminine) qu’elle couvre de phallus en tissu, perturbant alors le sens. Très vite, elle s’ouvre à l’art de la performance et du body-art. Elle descend dans la rue, combat pour la libération sexuelle, pour le féminisme, s’engage contre la guerre du Vietnam. Au même moment, elle élabore la notion de Self-Obliteration sorte de métaphore du mal-être qui contamine son travail.

En 1973, elle décide de quitter, dans la douleur, les Etats-Unis pour le Japon. En effet, cette même année, elle assiste impuissante à la mort de son ami Joseph Cornell et l’année suivante à celle de son père. Après une tentative de suicide, elle décide de se faire interner volontairement dans une institution psychiatrique (où elle vit et travaille toujours). Cette période sombre est illustrée par un ensemble de collages évoquant la mort et la destruction. Au Japon, elle produit des environnements, basés sur la notion de la boîte de miroirs aux réflexions infinies, jouant avec l’expérience d’immersion sensorielle du spectateur. En parallèle, elle continue ses recherches sur la couleur, le motif du dot, sur la sculpture molle faite de textile, la répétition, etc. Plus récemment, toujours dans cette obsession de la série, elle a travaillé la toile de format carré, posée horizontalement, en lien avec un certain automatisme et les méandres de sa psyché.
Cette exposition, présentée au Centre Pompidou jusqu’au 9 janvier prochain, sera ensuite accueille à la Tate moderne de Londres.
Installation d’ouverture

I’m Here, but nothing (2000-2011)
Oeuvre de jeunesse

Lingering Dream (1949)
Période NY, obsession du dot

no f. (1959)
Etiquettes

Air mail stickers (1962)
Accumulation d’objets et phallus

Accumulation no°1 (1962)
Performance



Installations

Dots obsession. Infinity mirrored Room (1998)

Infinity mirror Room – filled with the Brillance of Life (2011)
Oeuvres

Death of an Illusion (2001)

Heaven and earth (1991)

The moment of Regeneration (2004)
Oeuvres récentes

Eyes of mine (2010)













