Gerhard Richter – Panorama @ Centre Pompidou

ozartsetc_gerhard-richter_peinture_22

Le Centre Pompidou parisien accueille, depuis le 6 juin, Panorama, une exposition consacrée à Gerhard Richter. L’événement célèbre le 80è anniversaire du peintre allemand. Né à Dresde en 1932, Gerhard Richter y étudie la peinture à l’Académie sous le régime soviétique. En 1961, il s’établit à Düsseldorf, en Allemagne de l’Ouest, traversant ainsi le rideau de fer. Il découvre alors l’effervescence d’une scène artistique libre, fréquente l’Académie des Arts de la ville et côtoie le groupe Fluxus.

Group of People, 1965

Sa peinture, jusque là soumise au réalisme socialiste, s’ouvre aux courants contemporains et notamment au Pop Art. Cette nouvelle influence marque un tournant dans sa carrière puisqu’il perçoit la nécessité d’abandonner le carcan rigide et sévère de l’approche classique au profit de l’expérimentation. Il n’hésite donc plus à travailler à partir de photos qu’il prend lui-même, trouve ou découpe dans des magazines. Cette relation à la photographie se révèlera fondamentale. Photo-peintures ou peinture sur photo, il nourrit le lien et la variété des techniques tout au long de sa carrière. D’autre part, sa collecte compulsive de sources photographiques le conduira, dans une volonté d’organisation et de recensement, à créer l’Atlas.

Untitled, 1964

Le Pop Art initie également une dimension nouvelle dans son approche figurative de la peinture. En parallèle à la question consumériste que pose le courant, il nourrit un regard sociologique sur la société et ses besoins sensationnalistes. La fascination du public pour la mort est un thème récurrent dans son oeuvre. Il s’intéresse par exemple à la bande à Baader, groupe d’étudiants révolutionnaires qui terrorisent l’Allemagne dans les années 1970, et produit  en 1986 la série 18 Octobre 1977 représentant des moments clés de la saga tels que l’arrestation de membres, la pendaison de Gudrun Ensslin ou les funérailles. Enfin, le Pop Art sera également à l’origine de ses recherches sur l’abstraction puisqu’en reproduisant des nuanciers de couleurs il ouvre la voie à ses séries Couleurs, des mosaïques géométriques de carrés colorés ne répétant jamais la même teinte.

Gerhard Richter est considéré comme un peintre majeur allemand mais aussi contemporain. Ses essais constants, tant sur les formes  que les couleurs, les techniques et les matériaux, ont aboli les frontières théoriques de la peinture, étendu le champs des possibilités et affirmé la liberté créative de l’artiste. Son utilisation du flou, par exemple, en atteste. “Je rends les choses floues pour donner, tout à la fois, la même importance et le même manque d’importance.”

Sailors, 1966

La rétrospective du Centre Pompidou revient sur ses productions depuis le début des années 1960. L’exposition s’organise selon une scénographie inspirée par le “panorama”, ancêtre du cinéma, qui joue sur la multiplication des images. Une qualité commune à l’oeuvre de Gerhard Richter. A voir jusqu’au 24 septembre 2012.

Confrontation 3, 1988

 

Man Shot Down 1, 1988

 

Squatter’s House, 1989

 

Terese Andeszka, 1964

 

S. with Child, 1995

 

Christiane and Kerstin, 1968

 

Torso, 1997

 

Igor Stravinsky, 1971-72

 

I.G., 1993

 

José Ortega y Gasset, 1971-72

 

Untitled (6.6.09), 2009

 

Franz Kafka, 1971-72

 

Grey, 1970

 

Self Portrait, 1996

Pin It